The Dude

Nouveauté Livre : Maurice G Dantec "Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute"

Comments

Haaa inconnus pour moi ce genre de lecture ; mais j'ai pris plaisir à en lire le détail sur ta note, ,,,,jamais trop tard pour changer mon style de lecture, quand je tomberai dans mes foires du livre , achèterai crois moi et lirai avant de dire j'aime pas ,,,,,, bisous mon tendre petit breton de ta vieille amie,,,,,
merci beaucoup ma douce Odette, tes mots me touchent toujours, tu verras dans ce genre là c'est un des meilleurs ;-) ton petit breton t'embrasses très fort ma chère Odette ♥♥Amitiés du Dude♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥ !
Tout noté,,,t'en reparlerai crois moi, passe une bonne fin de journée,,,chez toi temps doux maintenant idem ici,,,Bisous mosans

Pas trop mon style de lecture, quoique il faudrait que j'essaie Dantec. C'est bizarre comme tes notes que ce soit en musique, cinéma ou lecture me donnent envie, à chaque fois, de découvrir

Bisous à toi et bonne soirée

Je n'ai pas lu "ton" livre… Je ne le connais pas non plus… Je ne lis que de l'espagnol en ce moment et un peu ce qui me tombe sous la main… Beaucoup plus de presse que de livres.
Je suis allée voir le CHE hier, je pensais que ta note pourrait parler de lui, je suis venue voir avant de donner quelques détails… Je ferais une petite note à ce sujet…
ßisous mon Duc de Dude… On ne te voit plus beaucoup…
Laisse tomber les ondes négatives poussin, cela détruit tout à son passage… Et te détruit à toi aussi si tu te laisses emporter…
Te fait des milliers de ßisous… et pense à mon poussin… dis-lui, dis-lui qu'il n'est pas seul… ßîßîs, ßîßîs
Je ne connais pas non plus cet auteur et j'ai peur que ce soit trop compliqué pour moi, surtout maintenant ! C'est sûrement le coté fiction.
@lors en film oui, s'il sort un jour.
Mais une de ces citations est angoissante "La guerre entre l'homme et l'eau allait se révéler la pire d'entre toutes."
Cosmos Incorporated.
et c'est ceux qu'il nous attend, enfin pas ceux de ma génération...

Merci The Dude
Je ne connais que de non un auteur à découvrir donc ! Merci à toi Le Dude :)
Voilà une lecture qui devrait bien me plaire ! Merci pour cette note... Gros bisous
Je crois que je vais craquer, ça m'a l'air plutôt bien !!

En SF y aussi Bordage qui n'est pas mal. Il écrit aussi du fantastique et notamment une trilogie fantastique sur la Révolution française, du feu de Dieu ! Sauf que le premier opus se passe en partie en Vendée, pendant les Guerres du même nom, et avec des dialogue en patois. Quand on connait pas, c'est pas évident, bien que loin d'être impossible.

Bref merci du tuyau !!

[c’est top]
Merci pour cette note très fournie. Je vais aller voir de ce pas les 24 autres romans incontournables dans Le Monde des livres. Bises livresques.
ça marche ma chère Odette, tu verras un grand auteur ce Dantec, passe une belle journée, temps de pluie ici, normal c'est la Bretagne :))) surtout bien se couvrir, Dude enrhumé du coup, fallait bien que ça arrive :)) ♥♥ bizzz salé de ton Dude de Bretagne ♥♥
Amitiés
The Dude.

Coucou Moïsette, et bien tu sais même si ce n'est pas ton style de lecture (je le comprend tout à fait Dantec c'est spécial, on aime ou pas) et bien tu as fais l'effort de venir lire ma note et de me laisser ce gentil commentaire, de cela je te remercies chaleureusement :) ♥♥ bizzzzz ♥♥ au fait merci du fond du coeur pour ses mots "C'est bizarre comme tes notes que ce soit en musique, cinéma ou lecture me donnent envie, à chaque fois, de découvrir"... ça m'a vraiment touché tu sais, merci tendre Moïsette ♥♥ bizzzzz de ton Dude ♥♥ passe une belle journée, la pluie est de retour ici, alors je suis un peu enrhumé mais ça va allez :)) bizzzzzzzzzzzzzzzzzz

The Dude.


Bises livresque à toi aussi Marchand de sel :) je te remercie pour ton mot si gentil sur ma note, tu verras cette article du monde est intéressant, permet de faire le point sur les sorties de la rentrée de janvier qui devient en littérature presque aussi importante que celle de septembre. Le dernier Dantec notamment vaut vraiment le coup, mais il y a d'autres bons livres dans cette sélection, à très vite sur vox et encore merci !! ;-)
Amitiés du Dude.

un plaisir de te retrouver sur ce blog mon cher Galien, tu verras, niveau thriller SF c'est top , en plus il se lit vraiment vite; ah Bordage c'est vraiment ce que j'appelle de la lecture de qualité tu as vraiment raison sur ce coup ! tu sais c'est un plaisir de partager avec les amis comme toi mes coups de coeur littéraire; si tu te décides pour le Dantec tu viendras me donner ton avis sur le blog, je suis curieux de connaître ton opinion :) je te dis à très vite sur vox mon pote et encore merci de ton commentaire :)

The Dude te salues !








Coucou Emeralda, tu verras c'est du très bon Dantec, en plus il se lit vite, je suis heureux que cela te plaises et que tu aimes ce style de lecture; je te fais un gros bisous et te remercies de ton com vraiment sympa et cool ♥♥ bizz ♥♥ du Dude !
à très vite sur vox ♥
c'est un plaisir de te le faire découvrir ma tendre Tine, énorme bizzzz du Dude pour toi ;-) ♥♥ bizzzzzzz ♥♥ tu verras Dantec c'est de la dynamite en littérature :) bizzzzzzz et Amitiés de ton Dude.

"Mais une de ces citations est angoissante "La guerre entre l'homme et l'eau allait se révéler la pire d'entre toutes."
Cosmos Incorporated.
et c'est ceux qu'il nous attend, enfin pas ceux de ma génération..."


Salut l'ami Chamallow, merci pour ton compliment, Dantec est non seulement un grand écrivain de SF et autres polars futuristes mais c'est aussi un homme qui écris des livres plus personnels où il exprime une véritable pensée, tu as raison je crois que cette phrase est prémonitoire, cette guerre a d'ailleurs débuté dans certains endroits du monde.... Amitiés du Dude pour toi mon cher Chamallow, Dantec c'est juste un auteur à découvrir de toute urgence :)

The Dude.


Coucou ma tendre Marye, tu sais Dantec c'est de la SF, du thriller futuriste, c'est vraiment cool comme lecture, c'est un auteur à découvrir, il publie même aux Etats-Unis, par contre je ne sais si ses livres sont traduits en espagnol. Je vais courir allez voir ta note sur le Che, j'ai hâte de connaître ton point de vue, je n'ai toujours pas vu ce film, ne t'inquiètes pas cette absence sur le blog pendant quelques jours étaient liés au travail, je suis bel et bien de retour, de toute façon je ne lâcherai jamais le blog vous me manqueriez trop, surtout toi marye♥ "Laisse tomber les ondes négatives poussin, cela détruit tout à son passage… Et te détruit à toi aussi si tu te laisses emporter"…tu sais j'écoute vraiment ce que tu me dis et j'essaie de tendre vers cela :)♥ ton poussin qui t'adores te fais des milliers de bisous, tu es toujours là et ça fait chaud au coeur, MERCI !! ♥♥ The Duc de Dude ♥♥

ßîßîs de Fré...ic ♥♥bizzzzzzzzzzzz♥♥




Alors prends soin de toi

Bisous et bon après-midi

merci ma tendre Moïsette, je me soigne, gros bisous et bon après-midi à toi aussi ♥♥bizzzzzzz♥♥
Tu sors "travail" tu vas écouter de nouveaux avis, donner les tiens, avoir un nouveau objectif pour un temps… Ne pas prendre à la lettre tout ce qui disent les autres pour te protéger… Prendre le large et se faire des opinions personnelles c'est une bonne décision… même avec le Che… lol…
Pour le Che… chacun doit se faire sa propre opinion… mais s'arrêter au premier est dommage… selon moi…!
Tu es trop jeune pour porter tout les malheurs de la terre… Tendre la main, ne pas laisser que l'ont te prenne tout le corps… Protège-toi…
ßisous Duc de Dude… Aide Fréric à se protéger de tout ce qui est malsain…
ßîßîs

Hello Le Dude ♥♥♥

Je connais les trois premiers livres de Dantec, j'ai bien aimé (un peu moins Babylon babies) mais je suis prête à poursuivre l'aventure !

A bientôt cher Dude

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slt ;)

le perso semble interessant , different mais toujours pas essayer de lire un de ces livres , je deprime rien qu'à l'idee et sais que pas bien car je rate probablement quelque choses .

desole de mon absence , bonne annee et bisous :)

ton message me touche énormément, tu es un amour ma tendre marye, j'ai bien de la chance de te connaître, gros gros bisous de fré...ic alias The Duc de Dude ;-) ♥♥♥♥
Coucou tendre Maryne ♥♥♥ ah je suis heureux de rencontré une autre "Dantecophile" :)) tu verras son dernier est vraiment cool, moi je l'ai dévoré, gros gros bisous de ton Duc de Dude, à très vite sur vox ;-)♥
Amitiés
The Dude.
salut mon ami Nimo, merci de ton passage sur ce blog cela me fais super plaisir, ton ami le Dude te salues, bizzz ;-)
The Dude, à très vite sur vox !
Je retourne au "Dakar"… arrivée à ßuenos Aires aujourd'hui…
ßisous tout plein mon Duc de Dude…
ps: non, je n'oublie pas Fréric… ßîßîs
à c'est cool ça tu me raconteras tout, tu as de la chance de voir cela tu sais marye, gros gros bisous de fré..ic
The Duc de Dude ♥♥♥♥♥♥
Spécial États-Unis - Interview Maurice G. Dantec - « Obama fera bien pis que Bush » Français de plume, il se dit « nord-américain » d’adoption. Ecrivain déjanté, catholique allumé et rocker habité, perpétuant la tradition des imprécateurs, Maurice G. Dantec est peut-être le dernier défenseur de George W. Bush.

Propos recueillis par Élisabeth Lévy

Le Point : Le monde entier se réjouit et croit que l’Amérique peut rebondir. Le monde entier, sauf vous. Votre nature, disons malicieuse, vous pousserait-elle à détester ce que la plupart des gens aiment ?

Maurice G. Dantec : N’est-ce pas plutôt l’inverse (1) ? Les masses démocratisées ont le don d’opter pour tout ce qui me fait horreur. Quant à Barack Hussein Obama, on voit déjà la realpolitik remplacer les beaux discours humanistes. Les Américains en avaient juste marre de se faire cracher au visage par tous les bobos de la planète, de l’extrême rien à l’extrême nul, alors qu’ils sont la forteresse du monde libre et qu’ils le savent. J’attends avec impatience le départ des soldats américains d’Irak : on assistera à une guerre civile interconfessionnelle de grande ampleur, avec des rebondissements intéressants entre l’Iran et le Pakistan. A côté, Gaza-ville ressemblera à un ball-trap. Lorsque les forces occidentales partiront d’Afghanistan, les talibans seront de retour au pouvoir en moins d’un mois. Les mêmes qui ont voté (ou auraient voulu le faire) pour Obama pleureront alors à chaudes larmes sur le sort des femmes exécutées ou lapidées publiquement dans des stades bourrés de crétins barbus.

Vous remarquez que « promouvoir un homme politique par la couleur de sa peau » a quelque chose de raciste...

Je remarque, une fois de plus, que voter pour un Noir parce qu’il est noir n’est pas un geste foncièrement raciste. Si j’appelle à voter pour un Blanc parce qu’il est blanc, il est probable que je risque la prison. Par ailleurs, quand vous connaissez la tradition « politique » de l’Illinois (Etat champion toutes catégories en matière de gangstérisme et de corruption), vous me permettrez d’émettre un doute sur les « mérites » de l’ami du pasteur Wright, antisémite notoire qui a « formé » le sénateur Barack Hussein Obama.

« On ne voit pas en quoi le taux de mélanine de Barack Obama va l’aider à résoudre les problèmes de la première puissance du globe », écrivez-vous. Vous ne voulez pas d’un président noir ?

Si un Noir républicain s’était présenté, j’aurais appelé à voter pour lui. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Personnellement, je porte du noir tous les jours. Son programme ? Postgauchisme californien + archéo-social-démocratie + culpabilisation du White Anglo-Saxon protestant + politique étrangère sans réelle consistance + mensonges à ses propres partisans + come-back de la realpolitik avant même son entrée en fonctions + économie portnawak où le protectionnisme se conjugue avec le capitalisme le plus effréné + candidat du gros pognon new wave + valeurs progressistes eugénistes + foi religieuse étrangement syncrétique + amitiés douteuses de crétins antisémites + incompétence gouverneurale + rhétorique d’avocaillon sorti de Harvard + vendeur de rêve comme on dit vendeur d’automobiles d’occasion = ? Pas le moindre taux de mélanine là-dedans, je m’intéresse plus à la structuration neuronale. Vous n’avez pas compris qu’il sera amené à faire bien pis que George W. Bush.

Avec la présidence Bush, vous saluez « la dernière souveraineté impériale qui menaçait le projet de gouvernement socialiste supranational de l’Onuzie ». Qui menaçait-elle véritablement ?

Elle menaçait, en premier lieu, la souveraineté des Etats-Unis, celle qui importe pour eux, que les autres se débrouillent, le Grand Satan s’occupe de SES affaires, pour une fois. J’indique, néanmoins, que cette guerre entre la souveraineté impériale et le supranationalisne onuzi se concentre aux Etats-Unis mais a lieu, évidemment, en tous points du globe.

Ah bon, el-Assad n’a pas compris en quoi la destitution de son frère ennemi du Baas irakien menaçait son propre pouvoir ? J’ai dû rater un épisode. D’où venaient, déjà, tous ces « insurgés » entre 2004 et 2007 ? Ah, oui, du Costa-Rica, j’oubliais !

Mais je rêve ou quoi ? Vous n’avez pas compris que, depuis le 11 septembre 2001, la récréation est terminée ? C’est la guerre, la IVe Guerre mondiale, celle qui se mène sur tous les fronts à la fois. Il n’y a eu aucun attentat aux Etats-Unis depuis sept ans justement. En revanche, il s’en est produit en Europe, on se demande pourquoi. Peut-être pas la même conception de la « sécurité », précisément. Rappelez-moi où se trouve votre Guantanamo Bay ?

Idem pour la grande croisade démocratique promise par les néo-conservateurs. Certes, le régime de Saddam Hussein a cédé la place à... on ne sait quoi, mais, d’accord, c’est un progrès. Pour le reste, les mêmes dirigeants (ou leurs enfants) corrompus sont en place et, de surcroît, ils sont devenus indispensables à une Amérique affaiblie.

Ah, parce que vous pensez que démocratie et corruption sont incompatibles ? J’adore votre sens de l’humour.

Indispensables à l’Amérique ? On entre dans le domaine du pur comique. C’est très exactement l’inverse : tous ces pays vivent grâce au pétrole que l’Occident leur achète et aux mégasubventions que les Etats-Unis leur versent pour éviter leur total effondrement. La destruction comme point préliminaire, disait Ernst Jünger. Je me contretape de ce qui succédera à Saddam Hussein et à ce gouvernement de transition. Encore une fois, j’ai peur de me répéter, mais c’est la guerre, c’est-à-dire la propagation contrôlée du chaos. Cette guerre a été pliée militairement dès 2007, ce qui va en sortir sur le plan géopolitique risque d’être fort intéressant. Ce qui comptait, c’était de foutre en l’air Saddam Hussein en tant que tel, parce qu’il était justement le maillon faible de tout le dispositif. Ce qui arrivera à l’Irak, c’est aux Arabes, et aux Iraniens, de le décider. Connaissant ces pays et leurs principaux voisins, je parie sur une authentique catastrophe régionale. Il suffira d’attendre que le prix du baril de brut vaille celui d’un bidon d’eau de vaisselle sale.

De même, votre Amérique qui fait peur aux « bobos du grand Club Med internationaliste » est quand même un peu composée de « born-again » égarés qui pensent qu’il faut brûler Darwin et se faire justice soi-même.

Oui, oui, bien sûr, tout le monde sait que les 58 % d’Américains qui ont voté McCain sont des crétins de « rednecks » ignares qui brûlent les livres de Darwin et ceux de la Bibliothèque rose, tous les matins en se levant, après un salut au drapeau devant une croix enflammée. D’autres poncifs typiquement français ?

Quant au deuxième amendement de la Constitution, il est heureusement indéboulonnable et il est ce qui fait de tout Américain un homme libre, c’est-à-dire un homme ayant le droit de porter une arme, comme à Sparte ou Rome.

La guerre, écrivez-vous, est l’unique forme pensable du monde. L’âge démocratique et consumériste est sans doute ennuyeux, mais que faire si c’est ce que veulent « les gens » ? Rappelez-vous la conclusion de la lettre aux djihadistes (2) de Muray : « Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts . »

Ce que veulent « les gens » m’indiffère au plus haut point. Que voulaient « les gens » en 1940 ?

Je cite Muray, certes, que j’estime, mais ai-je le droit d’être parfois en désaccord avec lui ? On ne gagne rien quand on est mort. Il subsistait peut-être une trace de nihilisme dans sa pensée. Ce sont les Bédouins djihadistes qui sont du côté de la mort (rappelez-vous Madrid 2004), et où est sa victoire ? demandait saint Paul. L’Occident bobo-gauchiste n’en a même plus la force.

Mais, comme aux Thermopyles-300 contre 10 000-, la civilisation indo-européenne s’appuie toujours sur un petit nombre d’hommes libres (donc armés) contre des myriades d’esclaves.

Vous regrettez que l’Europe ait été incapable d’accueillir la Russie dans une Alliance transocéanique, mais sur ce point il y a eu une grande continuité de Clinton à Bush, d’Albright à Rice.

Vous êtes dans l’erreur sur ce point précis : Condoleezza Rice et l’ensemble de l’administration Bush ont multiplié les contacts avec la Russie de Poutine. Rappelez-vous le discours à Moscou en 2003, lorsque la Russie a laissé l’intervention en Irak se dérouler. De multiples propositions ont été faites, mais le vieil establishment postsoviétique est resté bloqué sur l’époque de l’URSS, et Zeropa-Land n’a su produire ni le moindre geste significatif ni la moindre proposition concrète. Par conséquent, le projet du bouclier antimissile fut perçu comme une provocation par Moscou. Si on rajoute l’arrogance « eurodémocratique » des Ukrainiens qui détournent le gaz en provenance de Russie et ne paient pas leurs traites et les Géorgiens qui veulent jouer les gros bras en Ossétie du Sud, on peut comprendre que les Russes commencent à s’énerver

1. Voir son texte « Le drapeau rouge flotte sur l’Amérique », sur www.surlering.com.

2. « Chers djihadistes », de Philippe Muray (Mille et Une Nuits, 2002).

http://www.actusf.com/spip/article-6837.html


Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute

de Maurice G. Dantec

Comme le fantôme de Marie Zorn planant sur un roman de Dantec

Toujours polémique – son récent texte sur la victoire de Barack Obama le prouve –, toujours exilé pourtant sur cette terre américaine dont il se revendique avec ferveur, et toujours catholique pratiquant, Maurice G. Dantec nous revient. Pourtant toujours surprenant.

Après son diptyque post-apocalyptique Cosmos Inc. / Grande Jonction et son recueil de nouvelles paru aux éditions Albin Michel, c’est, encore une fois, sur fond de rumeurs de mercato éditorial que paraît Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute. D’abord annoncé chez Plon, c’est finalement la vénérable maison de la rue Huyghens qui porte le bébé sur les fonts baptismaux des librairies.

Comme un road trip sur l’onde de choc d’un monde en pleine déroute...

À la suite d’un braquage banlieusard, un couple prend la tangente et entame une cavale millimétrée, qui va devoir le conduire jusqu’en Asie du Sud-Est, via le Maroc et l’Afrique orientale.

Leur plan a été longuement préparé. De fausses identités numériques plus vraies que nature vont leur permettre de s’échapper. Leur planning a été méticuleusement mis au point. Et tout fonctionne à merveille, jusqu’à... ce que le fantôme d’Albert Ayler, coincé avec son saxophone dans la station Mir en déroute, ne s’invite dans leurs rêves. Plus exactement dans ceux de Karen, la compagne du narrateur, qui pousse la paranoïa jusqu’à ne pas nous réveler son nom. Tout juste sait-on de lui qu’il a été aspirant poulet, spécialisé dans la traque numérique. Ce qui explique sans doute la précision maniaque de son plan, et le ressentiment qu’il nourrit vis-à-vis de cette république qu’il s’apprêtait à servir avant qu’elle ne découvre qu’il était porteur du virus Schiron-Aldiss.

Saloperie surgie de nulle part, ce neuro virus se manifeste par des phases maniaco dépressives particulièrement aiguës. Si les down sont spectaculaires, les up conduisent les porteurs du virus à des phases d’ultra-lucidité qui confinent à la clairvoyance. Incapables d’endiguer sa propagation, et surtout incapables d’en mesurer les effets, les grandes nations modernes ont décidé de traiter le virus Shiron-Aldiss par la quarantaine. C’est dans un camp réservé aux malades que Karen et le narrateur se sont rencontrés, et ont choisi la fuite, plutôt que l’internement et l’aliénation.

Et c’est dans la dernière ligne droite, que, profitant des capacités neuronales dopées de nos deux héros, le fantôme du jazzman – retrouvé mort un matin de 1970 sur les bords de l’East River – se manifeste, liant mystérieusement leur destin et le salut de l’humanité toute entière, à celui des trois astronautes de la vieille station soviétique, en passe de se désintégrer en rentrant dans l’atmosphère terrestre.

Comme une fragrance du passé qui nous ramènerait en des temps moins équivoques.

Deux cent dix pages d’un papier bourgeoisement bouffant, un tel format pourrait, pour Maurice G.Dantec, faire figure de novella. Le style d’ailleurs l’évoque. Un langage direct, très parlé, qui nous amène directement au cœur de l’action. On suit. Et vite. C’est une sorte de retour à la veine polardeuse de ses débuts. On pense bien-sûr à La Sirène rouge, voire aux Racine du mal, sauf que... sauf que Dantec y reprend avec habileté ses thèmes les plus chers, développés au cours de ces dernières années. La déshumanisation de la société, sa trop grande dépendance technologique qu’il rend ici omniprésente, son mysticisme qu’il dilue ici dans un fantastique angélique, et son dada nietzschien du surhomme qui l’accompagne depuis ses débuts et son étude de Deleuze.

Toutefois, il retrouve cette fois la voie du fictionneur. Des lectures qui, immanquablement, ont accompagné son écriture, il ne fait plus état qu’indirectement, les intégrant parfaitement au cœur de son intrigue. Il se refuse aussi à tout prosélytisme. Il laisse chacun dans son rôle. À l’auteur un propos qu’il laisse au lecteur le soin dedécrypter lui-même. Bref, Maurice G.Dantec redevient le romancier qu’il avait été, avant de se transformer en croisé lettré. Ce qui est d’autant plus étonnant qu’il n’a plus à sa disposition la soupape du pamphlet, le discrètement sulfureux American Black Box étant le dernier tome de son Théâtre des opérations. Et plutôt que de jouer les pythies funestes, il préfère planter son décor avec habileté. Dantec convainc sans peine avec cette société ultra-fliquée qui, plutôt que de nous plonger dans une noirceur d’encre, laisse comme les séquelles d’une asphyxie, une fois le livre refermé.

Évidemment, on se réjouit de ces retrouvailles, en dépit, peut-être, de la relative légèreté de l’ouvrage, qui reste un agréable digest de Dantec, mais manque peut-être un peu de souffle. Oui... vous allez me dire qu’on n’est jamais content, mais de Dantec on attend toujours le meilleur. Cela étant, on peut se dire (et s’en féliciter) que Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute augure de la nouvelle mutation du "snipper métacodal", puisque, d’évidence, il était, avec ses précédents romans, arrivé au bout de son modèle de messianisme romanesque. Mais sait-on jamais avec Maurice G.Dantec ?

“Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute” : une sombre histoire de neurones cramés Le 16.01.09 Par marie

Ah Dantec… Pardon. Maurice G. Dantec… Ou comment écrire de la soupe et faire croire qu’il s’agit d’un «thriller »… pire encore : d’un « roman »… et assurer, avec Amélie Nothomb, les ventes d’Albin Michel.

Cela commence par un petit hold-up, classique acte de gentils gangsters qui filent sur l’autoroute vers le Sud…. Elle, Karen, et lui, le narrateur à l’identité voilée (par sa cagoule). Les mains sur le volant d’une BM (puis d’une Audi), “il” explique que tous deux souffrent du syndrome de Shiron-Aldiss, un « neurovirus » qui leur « bouffe le cerveau » et les fait osciller entre « crises aigüs d’état augmenté » (qui les rendent « vachement plus performants » bien sûr), phases métadépressives et rêves psychédéliques. Autant de broutilles qui s’apaisent avec des jus de fruit multivitaminés, du Transvector gamma et du Transvector epsilon. Si le premier type de produit n’est pas très compliqué à trouver, les deux autres sont des drogues interdites en France et très chères en Hollande.

Les deux sbires (pardon les mutants aux cerveaux qui assimilent hyper rapidement des milliards de données) se sont rencontrés en Centre de regroupement (pour mutants), ils ont écouté les bons conseils du docteur Cohen-Solal, ont fait l’amour et se sont enfuis fissa de leur prison médicale… Braquage pour s’assurer l’achat de leurs calmants et direction Afrique du Sud, officiellement du moins…. En chemin, ils se connectent avec un fantôme perché dans la station Mir : celui du jazzman Albert Ayler . Why not. Puis Albert Ayler retourne d’où il est venu…

Pas de panique, le roman n’est pas un guide des “meilleurs du jazz”, encore moins une biographie d’A. Ayler, qui, dans le livre de Dantec, aurait pu être John Lennon, Marylin Monroe ou Mickey… Le pauvre musicien est juste un prétexte. L’auteur l’explique lui-même sur son site : il y a plus de dix ans, un directeur éditorial décidait de publier un recueil de nouvelles centré sur la mystérieuse mort à New York en 1970 du jazzman. Maurice G. Dantec est parti prenante de l’aventure, mais s’aperçoit que de mots en mots, il a écrit 150 pages (quel écrivain prolixe) Pas une nouvelle donc. Pas encore un roman… l’homme de lettres n’est pas dupe.

12 ans plus tard” Maurice tombe sur son vieux manuscrit. “David Kersan le lut, et parvint à me convaincre que sa publication pourrait ne pas être inutile.” Bel euphémisme… Dantec laisse filer sa plume (ses doigts sur le clavier) et l’histoire est terminée. Il faut croire que le romancier ne devait pas avoir beaucoup de temps. Le début du livre (les 150 premières pages peut-être) est cohérent : l’auteur prend le temps de camper son action, déroule une à une les étapes de l’intrigue, esquisse même une critique sociale (au niveau de l’enfermement, de la prise en charge des maladies psychiatriques, etc). Puis après moultes bagarres, le thriller crève, avorte : l’intrigue est dénouée en quatre pages, en aussi peu de temps qu’il ne faut pour l’écrire.

En somme, dans ce livre, la seule chose travaillée semble être l’écriture “relâchée” (l’auteur la qualifie ainsi lui-même), cette écriture “urbaine” si chère à Dantec qui troque les virgules contre d’obscures préfixes (des méta, des sur-, des hypo, etc…) Leur utilisation abusive peut hérisser, mais au fond, cette plume fait rire… :

“Dans la dimension station Mir, l’augmentation de la “métacrise” de Karen a dépassé tout ce que nous étions en mesure d’imaginer. Elle est devenue un état psychique altéré du cosmos, elle est la station Mir en déroute incandescente au dessus des eaux afro-américaines de l’East River, s’écoulant au milieu du port d’Abidjan”. (p194)

Maurice G. Dantec, Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute, Albin Michel, janvier 2009.

Comme le fantôme d’un Jazzman dans la station Mir en déroute

de Maurice G. Dantec

Serpent cosmique, saxophone et Apocalypse

Est-il encore besoin de présenter Maurice G. Dantec à nos lecteurs ? Auteur culte de La Sirène rouge, des Racines du Mal et de Babylon Babies, mais aussi auteur (très) controversé d’un « Journal métaphysique et polémique » en trois tomes (Le Théâtre des opérations, Laboratoire de catastrophe générale et American Black Box) et, plus récemment, de romans de science-fiction théologique (Cosmos Incorporated, Grande Jonction), Dantec n’a que peu de textes courts à son actif. Son recueil de nouvelles, paru chez Flammarion (Périphériques) n’avait convaincu qu’à moitié, peinant dans ces formats plus réduits à dépeindre dans toute leur complexité ses univers d’idées en collision et en mutation permanentes. Parus l’an dernier, les trois textes que contient Artefact - Machine à écrire 1.0 nous avaient encore laissés sur une impression mitigée : les novellas Vers le Nord du ciel et Le Monde de ce Prince nous conviaient à une visite guidée en Dantec Land, sans grande originalité et malmenée par un style étonnamment stéréotypé – auquel Grande Jonction nous avait déjà préparés – et par un usage maniaque de l’anaphore. Cependant la novella centrale, Artefact, figure sans doute parmi les plus beaux textes – et, il est vrai, les plus hermétiques – jamais écrits par l’auteur. Un homme, une machine à écrire Remington, du papier, une chambre, une plage : ce décor minimaliste ouvrait, ainsi que l’avait relevé Bruno Gaultier dans sa critique, sur une splendide – et inattendue – réflexion sur le processus d’écriture et son rapport à l’altérité.

Dantec Entertainment

Court roman ou longue novella, Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute n’atteint certes pas les sommets d’Artefact, mais n’en constitue pas moins une fort agréable surprise. Il est peut-être possible d’expliquer en partie cette réussite par la genèse du texte : écrit en 1996 à la demande de Patrick Raynal pour un recueil de nouvelles de la Série Noire consacré au saxophoniste Albert Ayler, mais finalement hors délai, ce texte a longtemps dormi dans un tiroir avant d’être récemment exhumé et retravaillé. Et contre toute attente, cette rencontre anachronique entre le Dantec destroy des nineties, celui de Babylon Babies, qui croyait encore à l’avenir de l’homme ou, du moins, à celui du post-humain, et le Dantec crypto-gnostique de Grande Jonction, l’apocalypticien du troisième millénaire, celui pour qui le post-humain vaut désormais essentiellement comme métaphore christique – celui, donc, pour qui l’avenir ne passe plus par le monde sensible – fonctionne parfaitement ! Si l’on veut, Comme le fantôme d’un jazzman ressemble lui aussi à du Dantec pour les Nuls, ou à un digest, pour reprendre des formules employées par d’autres critiques. Action, technologie high-tech, mutations post-humaines, serpent cosmique, machine-monde, intercesseurs bizarres, tout y passe – sur fond de conflits armés asiatiques. Y compris la scène de sexe un peu ridicule. Y compris, également, la scène assez complaisante de close-combat, chorégraphiée au millimètre. Le narrateur lui-même le confie : il n’y a pas, ici, à s’embarrasser de jérémiades et autres commisérations : « juste des faits, de l’action, du concret ».

Holy Ghost

Comme le fantôme d’un jazzman est le récit psychédélique et bodybuildé d’un drôle de couple en cavale. Le narrateur anonyme a suivi une formation de flic, maîtrise les sports de combat et l’informatique hardware, a travaillé sur l’intelligence artificielle et a lu Freud, Jung, Reich et quelques autres sommités des sciences humaines… Un profil à la Toorop [1], en somme. Karen, sa jeune compagne, n’est pas en reste puisque l’un de ses proches lui a appris les techniques de combat rapproché de l’armée israélienne. Si ces équipiers de choc braquent les bureaux de poste de la région parisienne, ce n’est pourtant pas par amour immodéré du crime, mais pour amasser un butin qui leur permettra, si tout se passe bien – et si leur jeu de fausses identités n’est pas trop vite détecté – d’échapper aux autorités européennes et de s’exiler au soleil. Leur faute originelle ? Ils sont tous deux atteints du « syndrome de Schiron-Aldiss », neurovirus génétique qui vaut à ses porteurs d’être enfermés dans des camps de regroupement, voire, pour les sujets jugés les plus dangereux, dans des « foyers spéciaux » ultrasécurisés. Nos deux amants shootés à la méthédrine font des rêves très intenses, en relation avec la mort – les médecins appellent ça des « NDE auto-simulées » –, suivis de terribles dépressions puis d’euphorie maniaque… Avantage : ces « grands voyages vers l’infini » augmentent les performances cérébrales des malades, dès lors capables d’analyser une situation avec une lucidité et une précision hors du commun. D’où ces casses parfaitement réussis. D’où, également, ce plan d’évasion aussi parano qu’ingénieux. Inconvénient : ces crises leur bouffent les neurones… Conséquence : leur espérance de vie décroît dramatiquement… Voilà pourquoi Karen et son mercenaire, fuyant à travers l’Europe et l’Afrique, avalent les seules molécules atténuant l’effet des crises : les Transvector gamma et epsilon. Mais comment se procurer ces substances rarissimes sans attirer l’attention de tous les flics de la planète ?... Ah, encore un détail : pendant les crises d’état augmenté, les yeux émettent un rayonnement ultraviolet – particulièrement violent chez Karen… Ce n’est qu’après l’improbable apparition du jazzman Albert Ayler (mort en 1970 dans des conditions suspectes) et de son étincelant saxophone dans la station Mir vouée à la désintégration et à la mort de son équipage, que le sens de cette effarante mutation nous sera enfin révélé…

Le Monde comme volonté

Il n’est guère aisé de rendre compte de l’intérêt de ce livre sans éventer une partie de son mystère. Disons seulement que les porteurs du neurovirus seraient des « antennes », des « navigateurs de l’infini », le long d’une chaîne – « structure cachée à l’intérieur de la réalité » – dont la station Mir serait un maillon central, et qui aurait à voir avec la « forme infinie » des anges (car en effet, Albert Ayler serait, selon ses propres mots, un « nouveau modèle d’intercesseur »)… D’où les rêves de serpents enroulés et de dragons-fantômes hantant des bibliothèques… Ici, les théories de Jeremy Narby sur l’ADN et le Serpent cosmique, déjà exploitées dans Babylon Babies, ne servent plus seulement à envisager l’unité cosmique du monde et à imaginer l’avènement du post-humain avant la mutation suivante – mais à appuyer l’idée d’une « Autre-Réalité », semblable à celle que les Changeurs de Signes de L’Enchâssement de Ian Watson cherchaient désespérément. Ici, l’ADN est appelé « Serpent du Verbe », autrement dit un « code cosmique » en perpétuelle mutation, qui peut adopter une infinité de formes, comme celle de la « Séquence du Dragon du Verbe », transcription « verbale, symbolique et digitale » du code, qui modifie le programme-conscience, qui court-circuite les réseaux neuroniques du porteur du syndrome de Schiron-Aldiss pour y transmettre des flux d’information. Comme les riffs de la guitare de Gabriel Link de Nova dans Grande Jonction, la ligne de saxophone serait l’image instrumentale du Serpent cosmique, et révèlerait à ses auditeurs privilégiés les « dimensions cachées de l’univers »… Pour Schopenhauer en effet, la musique, art qui ne re-présente rien mais qui, fondamentalement dyonisiaque disait Nietzsche, nous présente un monde métaphysique dans une langue que la raison ne maîtrise point – mais que l’âme comprend –, n’est rien moins que l’expression de l’essence intime du monde – autrement dit, de sa volonté. Dantec semble du même avis, lui qui fait un ange d’un grand du free jazz – auquel on doit des titres comme Ghost ou Angels… –, et qui décline les paroles de Blue suede shoes, standard du rock’n’roll de Carl Perkins, immortalisé par Elvis Presley, en titres de chapitres. La musique d’Ayler joue ici un rôle chamanique !

Approche de la Nouvelle Gnose

Il y a donc, au cœur de Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute, l’idée, plus proche du gnosticisme chrétien que des univers dickiens – et peu surprenante au regard de l’évolution de son œuvre –, d’une révélation apocalyptique dont la musique serait l’une des expressions accessibles aux cortex : « Je m’étais rendu compte que par moment, mon cerveau me délivrait une vérité lumineuse, au sujet d’un aspect particulier du monde qui nous entoure, ou de nous-mêmes, comme s’il agissait quelque temps en tâche de fond invisible puis envoyait le résultat à la mémoire quand tout était bien compilé » ; « c’est comme si on voyait des choses cachées à l’intérieur de la réalité, au cœur de l’espace-temps » ; « la vraie nature de la réalité » ; « comme des semi-rêves branchés sur le futur proche » : les exemples abondent, dans le roman, de cette vision très négative de la réalité consensuelle. Rappelons que pour les gnostiques, le monde prétendument réel serait une anti-création démoniaque qui dissimulerait la seule vraie réalité, celle de Dieu. Et c’est précisément sur la promesse d’une Apocalypse, attendue sereinement par les héros, que se referme le roman… Comme dans Cosmos Incorporated et Grande Jonction, notre monde fait d’ailleurs figure de gigantesque camp de concentration globalisé, dont le béton témoigne de notre inéluctable engloutissement dans la « machine ». Sous la forme d’un road book sous acide, Comme le fantôme d’un jazzman se déplace sur les lignes, toutes plus ou moins semblables, d’un monde implacablement quadrillé par le fichage et le traçage des individus – Europol vous traque. Banlieues de Lille ou de Paris, hôtels de Rabat ou d’Agadir, rues de France ou d’Abidjan, les lieux traversés se ressemblent plus ou moins, comme autant de zones de transit, signes de l’Armageddon en cours… Heureux, alors, les illuminés !

À l’est de la vie

Plus accessible que ses prédécesseurs, servi par un style efficace qui rappelle celui des premiers romans de l’auteur, ce court, kitsch, nerveux et réjouissant polar SF remplit brillamment son office. Bien sûr, il ne s’agit que d’une parenthèse, synthèse assez légère des dernières préoccupations métaphysiques de Dantec, mais ne boudons pas notre plaisir : Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute, qui s’achève dans la sereine et exaltante attente de l’Apocalypse, procure un authentique plaisir de lecture, sans pour autant renoncer à nous présenter son approche férocement gnostique et eschatologique du réel. On en redemande.


[1] Toorop est le personnage principal de La Sirène rouge et de Babylon Babies.

Quelques critiques de l'ouvrage de Maurice G Dantec ;-)
The Dude.

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